Le lac Inle, autre poésie birmane

Après quelques jours à vadrouiller au milieu des temples mystérieux de Bagan, nous revoilà sur les routes birmanes en direction d’une autre destination très prisée : le Lac Inle. Autant dire qu’il va en falloir pour nous épater après le sublime Royaume de Pagan.

Nous rejoignons la petite ville de Nyaung Shwe, à quelques kilomètres au nord du fameux lac, par un mini-bus de nuit. Le trajet dure 9 heures. L’inconvénient avec un mini-bus, c’est que même si on est peu nombreux, on est surtout très proche les uns des autres. Du coup quand le voisin vomit ou que la voisine ronfle, on est vite embêté. Impossible de dormir pour moi, la route est vraiment longue. Je fini par m’endormir vers 4 heures du matin… Mais nous voilà arrivés à l’entrée du site. Et ce coup-ci, ils sont bien là les gardes qui nous demandent de payer nos droits d’entrée gouvernementaux. Les yeux endormis, nous sortons 50$ pour régler nos deux tickets. Je n’ai qu’une hâte rejoindre l’hôtel en espérant avoir une chambre et un lit douillet. Oui mais non… Car sur le siège devant nous, une allemande d’une quarantaine d’années n’a pas envie de payer. Non non, elle refuse. Son problème c’est qu’elle a déjà payé 20$ à Bagan, alors là ça fait beaucoup ! Mais le garde s’en fiche lui, il attend. Et le mini-bus ne repart pas tant qu’elle n’a pas son ticket. Alors je tente calmement de lui expliquer qu’il n’y a pas le choix, c’est comme pour un musée, mais là c’est pour un site. Mais ça ne lui va pas, elle n’a pas envie et commence à râler sur le garde… Alors vous l’avez lu dans l’article précédent, nous avons esquivé ces fameux droits à Bagan, mais parce qu’on n’est pas tombé sur les gardes, et tant mieux, surtout quand on sait qu’une bonne partie de l’argent va à la junte militaire… Mais là, même si ça nous embête, on paye. Et on n’est pas surpris, car quand on vient visiter un pays, il y’a ce type de dépenses. Et si on se renseigne on sait précisément ce que ça va nous couter, alors après on ne râle pas parce que c’est cher, ou alors, on ne vient pas.

Bref, nos nerfs sont titillés par cette allemande qui nous fait une scène à 4 heures du mat, mais après un quart d’heure, elle lâche ses précieux billets. Le bus nous dépose au centre de la petite ville. Quelques taxis attendent là et nous proposent leur service mais nous préférons marcher, nous sommes à moins de 2 kilomètres de l’hôtel. Mais nous n’avions pas eu le temps de dire ouf que notre râleuse se met à incendier les chauffeurs de taxis. Car oui elle veut qu’on la dépose à son hôtel, vu son énorme valise, mais c’est encore trop cher pour elle. On l’entend dire aux birmans « Je ne veux pas vous parler, prenez juste mes valises. Mais taisez vous ! »… Oulalala, ça ça ne nous convient pas. Rappelez vous que nous sommes au Myanmar, soit le pays aux habitants les plus accueillants et gentils au monde, j’en suis persuadée. Du coup, on essaye de comprendre ce qu’il se passe… Mais mon envie de la gifler devenant trop forte, nous décidons de l’abandonner sur place, nous et les quelques autres voyageurs qui partent à pieds. Le comble de l’histoire… C’est que cette odieuse femme allait au même hôtel mais qu’elle ne voulait ni payer, ni porter son énorme valise (vraiment énorme je vous assure), du coup, elle a trouvé un tout gentil birman qui, de bonté de cœur, l’a suivie sur presque 2 kilomètres en portant sa valise. Ma question est donc la suivante : qu’est ce que cet affreux personnage fait, seul, dans ce pays ? Comment peut-on avoir l’envie de voyager, d’aller au delà des stations balnéaires, quand on se comporte ainsi et que l’on méprise autant les être humains ? Vous avez 4 heures…

Heureusement, le Myanmar allait, encore, nous faire oublier ces détails qui entachent notre monde.

Le Lac Inle est réputé pour la beauté de ses paysages, pour la vie qui s’organise tout autour et pour ses pêcheurs qui capturent le poisson avec une grâce toute particulière. Nous sommes restés 4 jours autour du lac tant l’endroit était paisible. Comme à notre habitude, nous avons beaucoup flâné sur les marchés.

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On s’y est aussi arrêté pour boire quelques verres…

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Malheureusement, le jour où nous avons navigué en pirogue pour découvrir tous les secrets d’Inle, la mousson s’est fait la vedette de la journée. Il a plu comme si le lac entier se déversait sur nous. Nous étions totalement trempés, et avec la vitesse du bateau les gouttes nous fouettaient le visage. D’abord déçus de ce ciel tout gris et de l’eau qui nous aveuglait parfois, ce fut finalement une journée amusante, sous nos ponchos gonflés par le vent.

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Mais tout de même, nous n’avons pu résister à une seconde escapade sur le lac le lendemain, lorsque le soleil est réapparu, pour apprécier un peu plus le spectacle des pécheurs qui étaient de sortie.

Voici une visite au fil de l’eau…

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Lové entre des montagnes et collines de la région Shan, à 900 mètres d’altitude, le Lac Inle est une immense étendue d’eau de plus de 100 km2. Il est habité par les Inthas, qui se sont adaptés à leur environnement en construisant des villages entiers sur pilotis. Ils sont aujourd’hui 700 000 habitants. Ici, la vie suit son cours : on se déplace en pirogue de maison sur pilotis en maison sur pilotis, les enfants vont à l’école en bateau et les jardins potagers sont flottants. Oui, c’est assez incroyable, mais la spécialité de la région, c’est la tomate. C’est vraiment fabuleux de voir ses jardins immenses sur le lac. La première vue est surréaliste. J’étais vraiment ébahie de voir ses tomates et ses courges pendre à leurs branches. Et puis l’on rencontre des birmans qui jardinent, qui désherbent, debout sur ces planchers qui ondulent sur l’eau.

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Pour fabriquer ces jardins flottants, les habitants posent à la surface du lac des amas de pailles serrés par des cordes et fixés par des bambous plantés dans l’eau. Sur ce tapis, ils posent une couche de terre d’environ 5 centimètres, et c’est sur ce terreau qu’ils plantent leurs pieds de tomates. Les racines vont ainsi directement dans le lac et se servent allègrement en eau fraiche. Les Inthas cultivent aussi des courges, des concombres, des pommes de terre mais aussi de fleurs qui sont vendus sur tous les marchés du pays pendant les huit mois de production.

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L’eau est calme et apaisante, mais s’étend à perte de vue. On ne se lasse pas d’observer les pêcheurs qui ont cette technique toute particulière : ils enroulent une jambe autour de la rame, ce qui leur permet d’avoir les deux mains libres pour pêcher. Autrefois, ils utilisaient surtout des nasses coniques qu’ils posaient sur le fond de vase pour pêcher, mais désormais c’est surtout avec des filets qu’ils piègent les poissons.

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Ces populations extraordinaires exercent également divers métiers artisanaux comme le tissage (soie et fibre de lotus), la forge (les ouvriers façonnent le métal pour en faire des pipes, des couteaux, des bouddhas et autres souvenirs), l’orfèvrerie, la fabrication des laques, du Cheroot (une sorte des cigares birmans) et des bateaux traditionnels.

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Les environs du lac Inle sont également parsemés de surprises archéologiques et architecturales. Comme partout en Birmanie, on trouve ici plusieurs pagodes et monastères bouddhiques auxquels s’ajoutent les ruines remarquables comme celles du villade d’Indein.

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Encore une fois, le Myanmar nous éblouit et nous surprend de ces trésors inconnus du monde. Avant cette grande aventure dans laquelle nous nous sommes lancés, je ne savais même pas situer ce pays sur une carte et aujourd’hui, je suis tellement heureuse de le connaître. C’est incroyable comme nous pouvons être centrés sur nous même et louper ce que le monde a à nous offrir. Le Myanmar est certainement le pays d’Asie du Sud qui nous a le plus marqué tant par sa beauté fascinante que par sa population incroyable. Il mérite que l’on parle de lui encore et encore, car il a tant à offrir. Je crois que je suis tombée amoureuse de cette terre et de ceux qui l’habitent, car de vous écrire ces lignes et revoir ces photos me chatouille le cœur et me donne le sourire. Mais aucune crainte, cet amour là, je le partage avec un très grand plaisir…

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Ce sourire si magnifique qui habille le visage des birmans

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