Un « petit » treck dans la campagne birmane : Hsipaw

Après avoir été éblouis par les trésors du Myanmar que sont Bagan et le Lac Inle, nous sommes allés prendre l’air de la campagne (enfin, la campagne encore plus profonde) à Hsipaw (prononcé Chipo). C’est une destination très appréciée des marcheurs puisqu’elle est le départ de trecks plus ou moins longs (1 à 3 jours).

Comme à notre habitude, même si la plupart des gens que l’on croise ont opté pour un guide touristique, nous avons préféré nous débrouiller tout seul. Nous avons choisi un treck assez court, sur une seule journée, car nous n’avons plus la condition physique du début du voyage… Dans notre bouquin, nous avions lu quelques conseils sur un itinéraire assez facile d’environ 4-5 heures qui traverse des villages traditionnels. Le guide propose de demander aux villageois, une fois arrivée, de nous ramener à moto à Hsipaw. Parfait.

Nous sommes donc partis à l’aventure, sac sur le dos, après le petit déjeuner. Très vite, on se retrouve au milieu de nulle part.

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On observe les habitants s’occuper de leurs champs…

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Le chemin commence à grimper… Et à grimper encore un peu plus. Il y a 700 mètres de dénivelé pour atteindre le dernier village. Ce qui nous permet d’avoir de très belles vues en route.

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Sur le chemin, on traverse des « villages » traditionnels. En fait, il s’agit de groupes de 5-6 maisons. Le dépaysement est une fois de plus au rendez-vous.

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Tout est calme et paisible… On croise des femmes qui travaillent aux champs où qui cuisinent dans leur cabane. Les hommes s’occupent du bétail, au loin. Les enfants, eux, jouent dehors…

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Ce petit bonhomme (même si nous ne sommes pas sûrs qu’il s’agisse d’un garçon), laboure le chemin avec une machette. La scène est assez surréaliste quand on vient de l’autre bout du monde.

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Finalement, il n’y a pas que les hommes qui s’occupent du bétail… Les petits bouts d’homme aussi.

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Il commence à faire chaud, et la route est plus longue que je ne l’imaginais. Le guide annonçait 4 heures de marche tranquille, et voilà que nous marchons depuis plus de 3h30 à une allure assez soutenue et rien à l’horizon. Et ça grimpe toujours. Souvent le chemin devient assez rocailleux, ce qui demande encore plus d’effort pour ne pas tomber.

Je commence à être vraiment fatiguée… et ça se voit !

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Bon voilà, nous marchons depuis plus de 4 heures, et nous ne sommes toujours pas au village annoncé. Je commence à m’inquiéter car nous n’avons pas croisé beaucoup de motos, et si une fois arrivés en haut personne ne peut nous ramener, alors il faudra repartir dans l’autre sens. Mais je suis déjà à bout de force.

Heureusement après presque 5 heures, nous y voilà. Nous l’avons trouvé, le village de Pankam.

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Ici aussi, c’est un tout petit village. Mais pas le temps de visiter, nous mourrons de faim et de soif. Ici, c’est le silence total, il n’y a personne à part des militaires que nous croisons et quelques enfants qui jouent dehors.

Heureusement, un villageois nous interpelle au loin et nous propose de le suivre. Il nous emmène chez lui et nous présente sa femme qui se propose de nous cuisiner un repas. Ouf, quelle chance. Elle nous installe donc dans son salon et s’en va s’occuper à la « cuisine ».

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En attendant, elle nous offre un thé bien chaud. Bon, malheureusement, je dois vous avouer qu’il n’étais pas terrible, du coup j’ai demandé à Tom de boire le mien.

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La cuisine

Depuis le salon, on sent l’odeur de friture. On est vraiment ravis d’être accueillis aussi chaleureusement au fin fond du Myanmar, alors que nous dégoulinons de sueur.

Le repas prêt, notre hôte nous invite à sa table. Et là, je vais devoir vous raconter ce moment inoubliable qui me fait honte. Cette gentille dame nous sert, du riz, une omelette, une soupe et ce qu’on pense être du poisson séché dans une sauce, et s’installe à côté de nous. Tout était merveilleux… Sauf que tout était assez difficile à manger. J’en étais vraiment désolée mais ce n’était pas bon. Les oeufs étaient imbibés d’huile et le poisson était hyper fort, comme s’il avait macéré depuis des mois. Mais cette charmante personne était là, assise à côté de moi à nous regarder, alors impossible de ne pas manger. Du coup nous nous sommes forcés. Nous avons surtout pris du riz, tout collant et froid, avec l’huile aux oeufs. Le problème c’est que comme elle nous voyait bien manger, et bien une fois nos assiettes vides, elle nous resservait. J’en ris encore. D’ailleurs, même quand Tom a discrètement fini ma tasse de thé, elle m’a aussitôt resservi… Je ne savais plus comment faire… L’horreur. C’était vraiment drôle et cette femme était un véritable amour. Elle me fait des calins, et nous encourage pour la suite du voyage.

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Avant de prendre cette photo, comme toutes les femmes du monde, elle s’est empressée de trouver une veste pour cacher son haut de pyjama Tic et Tac et être présentable. C’était tellement naturel et charmant.

Nous faisons un petit tour dans le village. Mais il n’y a pas un chat. Je m’en doutais. Nous demandons à notre nouvelle amie si son mari peut nous emmener sur sa moto, en échange d’argent bien sûr, mais celui-ci s’est fait très mal au dos et ne peut conduire. Mince !

Nous la remercions pour tout. Et finalement, c’est donc à pied que nous repartons dans le sens inverse . J’en souffre déjà.

Mais voilà, il se met à pleuvoir. De plus en plus. Jusqu’à ce que le chemin de terre rouge devienne un véritable torrent.

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Impossible de nous arrêter, il est déjà 15 heures et nous avons plus de 4 heures de marche devant nous. Et avec cette pluie, surement bien plus…

Je ne vous raconte pas les galères. Evidemment j’ai réussi à glisser et à tomber dans l’eau. L’avantage, c’est que je n’avais plus à essayer de ne pas trop me salir avec toute cette boue. Finalement, cette randonnée s’est terminée en canyoning, les pieds dans l’eau.

Quand la pluie s’est arrêtée, le chemin était tellement boueux qu’il était difficile de marcher avec le poids de la terre sur nos chaussures.

A quelques kilomètres de Hsipaw, je n’en pouvais vraiment plus ni physiquement ni mentalement. Je décide donc de faire du stop en espérant que les quelques rares villageois qui descendent à moto seront près à nous aider. Malheureusement, à chaque fois ils sont déjà 2 ou 3 sur leur engins. Alors nous marchons, encore et encore, jusqu’à ce que la nuit tombe.

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Et par miracle, alors que nous sommes plus qu’à un kilomètre et demi de la ville, une voiture passe. Je ne sais franchement pas d’où elle vient mais peut importe, je tends le pouce. A l’intérieur, c’est un jeune moine bouddhiste. Evidemment, il était très content de nous inviter à monter. Quel soulagement ! On était si proche, et en même encore si loin… A ce moment, ce moine m’a sauvé la vie. Après 10 heures de marche, nous sommes donc déposés non loin de l’hôtel. Je marche les deniers mètres en ne pensant qu’à une chose : foncer sous la douche tel quel.

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Une réflexion sur “Un « petit » treck dans la campagne birmane : Hsipaw

  1. C’est toujours un plaisir de suivre vos aventures. On est admiratif. Ce sont plutot des cauchemars de sac a dos. Vous avez bcp de retard a rattraper, on attend la suite.
    Bises,
    Guillaume & Qiu.

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