Un « petit » treck dans la campagne birmane : Hsipaw

Après avoir été éblouis par les trésors du Myanmar que sont Bagan et le Lac Inle, nous sommes allés prendre l’air de la campagne (enfin, la campagne encore plus profonde) à Hsipaw (prononcé Chipo). C’est une destination très appréciée des marcheurs puisqu’elle est le départ de trecks plus ou moins longs (1 à 3 jours).

Comme à notre habitude, même si la plupart des gens que l’on croise ont opté pour un guide touristique, nous avons préféré nous débrouiller tout seul. Nous avons choisi un treck assez court, sur une seule journée, car nous n’avons plus la condition physique du début du voyage… Dans notre bouquin, nous avions lu quelques conseils sur un itinéraire assez facile d’environ 4-5 heures qui traverse des villages traditionnels. Le guide propose de demander aux villageois, une fois arrivée, de nous ramener à moto à Hsipaw. Parfait.

Nous sommes donc partis à l’aventure, sac sur le dos, après le petit déjeuner. Très vite, on se retrouve au milieu de nulle part.

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On observe les habitants s’occuper de leurs champs…

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Le lac Inle, autre poésie birmane

Après quelques jours à vadrouiller au milieu des temples mystérieux de Bagan, nous revoilà sur les routes birmanes en direction d’une autre destination très prisée : le Lac Inle. Autant dire qu’il va en falloir pour nous épater après le sublime Royaume de Pagan.

Nous rejoignons la petite ville de Nyaung Shwe, à quelques kilomètres au nord du fameux lac, par un mini-bus de nuit. Le trajet dure 9 heures. L’inconvénient avec un mini-bus, c’est que même si on est peu nombreux, on est surtout très proche les uns des autres. Du coup quand le voisin vomit ou que la voisine ronfle, on est vite embêté. Impossible de dormir pour moi, la route est vraiment longue. Je fini par m’endormir vers 4 heures du matin… Mais nous voilà arrivés à l’entrée du site. Et ce coup-ci, ils sont bien là les gardes qui nous demandent de payer nos droits d’entrée gouvernementaux. Les yeux endormis, nous sortons 50$ pour régler nos deux tickets. Je n’ai qu’une hâte rejoindre l’hôtel en espérant avoir une chambre et un lit douillet. Oui mais non… Car sur le siège devant nous, une allemande d’une quarantaine d’années n’a pas envie de payer. Non non, elle refuse. Son problème c’est qu’elle a déjà payé 20$ à Bagan, alors là ça fait beaucoup ! Mais le garde s’en fiche lui, il attend. Et le mini-bus ne repart pas tant qu’elle n’a pas son ticket. Alors je tente calmement de lui expliquer qu’il n’y a pas le choix, c’est comme pour un musée, mais là c’est pour un site. Mais ça ne lui va pas, elle n’a pas envie et commence à râler sur le garde… Alors vous l’avez lu dans l’article précédent, nous avons esquivé ces fameux droits à Bagan, mais parce qu’on n’est pas tombé sur les gardes, et tant mieux, surtout quand on sait qu’une bonne partie de l’argent va à la junte militaire… Mais là, même si ça nous embête, on paye. Et on n’est pas surpris, car quand on vient visiter un pays, il y’a ce type de dépenses. Et si on se renseigne on sait précisément ce que ça va nous couter, alors après on ne râle pas parce que c’est cher, ou alors, on ne vient pas.

Bref, nos nerfs sont titillés par cette allemande qui nous fait une scène à 4 heures du mat, mais après un quart d’heure, elle lâche ses précieux billets. Le bus nous dépose au centre de la petite ville. Quelques taxis attendent là et nous proposent leur service mais nous préférons marcher, nous sommes à moins de 2 kilomètres de l’hôtel. Mais nous n’avions pas eu le temps de dire ouf que notre râleuse se met à incendier les chauffeurs de taxis. Car oui elle veut qu’on la dépose à son hôtel, vu son énorme valise, mais c’est encore trop cher pour elle. On l’entend dire aux birmans « Je ne veux pas vous parler, prenez juste mes valises. Mais taisez vous ! »… Oulalala, ça ça ne nous convient pas. Rappelez vous que nous sommes au Myanmar, soit le pays aux habitants les plus accueillants et gentils au monde, j’en suis persuadée. Du coup, on essaye de comprendre ce qu’il se passe… Mais mon envie de la gifler devenant trop forte, nous décidons de l’abandonner sur place, nous et les quelques autres voyageurs qui partent à pieds. Le comble de l’histoire… C’est que cette odieuse femme allait au même hôtel mais qu’elle ne voulait ni payer, ni porter son énorme valise (vraiment énorme je vous assure), du coup, elle a trouvé un tout gentil birman qui, de bonté de cœur, l’a suivie sur presque 2 kilomètres en portant sa valise. Ma question est donc la suivante : qu’est ce que cet affreux personnage fait, seul, dans ce pays ? Comment peut-on avoir l’envie de voyager, d’aller au delà des stations balnéaires, quand on se comporte ainsi et que l’on méprise autant les être humains ? Vous avez 4 heures…

Heureusement, le Myanmar allait, encore, nous faire oublier ces détails qui entachent notre monde.

Le Lac Inle est réputé pour la beauté de ses paysages, pour la vie qui s’organise tout autour et pour ses pêcheurs qui capturent le poisson avec une grâce toute particulière. Nous sommes restés 4 jours autour du lac tant l’endroit était paisible. Comme à notre habitude, nous avons beaucoup flâné sur les marchés.

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Bagan l’irréelle…

Dimanche 5 juin, nous quittons Mandalay au centre du Myanmar, pour rejoindre la ville de Bagan, plus à l’ouest, et anciennement appelé Royaume de Pagan (Oui avec un P). Pour une fois c’est un trajet en bus assez court (sous entendu moins de 7 heures… Notre perception du temps et des distances a bien changé) qui nous attend.

Nous partons donc en début d’après-midi et arrivons à la tombée de la nuit. Nous entrons dans la ville de Nyaung U, point de départ touristique de la région de Bagan. Je suis le trajet sur mon GPS et je remarque que le bus passe non loin de notre auberge. Je demande au chauffeur si l’on peut descendre et il s’arrête rien que pour nous. On est à seulement quelques pas. On récupère nos sacs dans le coffre arrière de bus et là Ô malheur. Habituellement on met des housses sur nos sacs pour les protéger de l’état souvent bien sale des soutes, mais là, pressés, on ne l’a pas fait. Et le sac de Tom est trempé. Il a tellement plu sur la route que son sac écrasé contre la porte du coffre a tout pris. Arrivés dans notre chambre on constate les dégâts… Tout, absolument tout est imbibé d’eau et de boue. Pas le temps de se plaindre, on descend dans une des salles de bain communes, minuscule, et on lave. Autant vous dire qu’on est pas fana du lavage de linge à la main mais après des mois sans machine, on a pris le pli et on s’attelle à la tâche tous les 2-3 jours pour ne pas avoir trop de linge d’un coup. Autant dire que là, c’est foutu. Même si notre garde robe est réduite, c’est déjà bien assez quand on doit laver sous la douche et faire sécher sur un bout de fil dans sa chambre.

La corvée accomplie, on sort découvrir la ville (enfin la rue) et manger un morceau. On ne se couchera pas tard, car le lendemain, une grande aventure nous attend.

Un peu d’histoire :

Bagan est le site archéologique les plus important du Myanmar et l’un des plus grands sites historiques en Asie du Sud-Est. Il compte autant de temples de briques rouges réunis sur une plaine peu étendue, que toute l’Europe possède de cathédrales médiévales. Il témoigne de la grandeur passée des rois de Bagan, qui régnèrent de 300 à 1300 après J.-C. sur le « premier Empire birman ».

Le peuplement dans la région de Bagan a probablement commencé à la moitié du IXème siècle. A cette époque, le bouddhisme ne jouait pas encore un rôle important dans le pays. Mais en 1044, le roi Anawratha fonde le Royaume de Pagan. Le roi, converti au bouddhisme Theravada (une branche ancienne du bouddhisme, plus proche du bouddhisme primitif que celui que l’on connaît aujourd’hui) décida de propager sa philosophie bouddhique et commença une campagne massive pour construire des milliers de temples, de pagodes et autres monuments. Il souhaitait créer un royaume à la hauteur de Bouddha.

En seulement 230 ans, lui et ses successeurs érigèrent près de 10 000 temples. Aujourd’hui, on en compterait 2834 qui subsistent dont de nombreux en ruines.

L’ascension de Bagan coïncide donc avec l’apparition du bouddhisme Theravada, resté depuis lors la confession principale du pays, qui prit la relève, à l’époque, du bouddhisme Mahayana aux influences hindouistes.

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Mandalay et ses environs

Après Rangoon, nous nous dirigeons vers le centre du Myanmar, à Mandalay, à plus de 600 kilomètres au nord. Heureusement, désormais il y a une très belle route qui rejoint les deux villes. Mais tout de même, il va falloir passer une nuit dans le bus pour faire le trajet. Après le Népal, on ne sait pas trop à quoi nous attendre niveau bus, car on est plutôt habitués au sièges tout pourris qui font mal aux fesses et au véhicules sans frein ni amortisseur. Mais bon, pas le choix, il va falloir tenter cette expérience. On achète nos tickets. A peine 7€ chacun.

Le soir, on prend la direction de la gare routière. Sur place… Oh punaise ! Il y a un milliards de bus sur un parking immense. Et les bus, en réalité, ce sont des navettes spatiales. Je vous assure, on n’a même pas ça en France. Ils sont immenses, et font la hauteur de deux bus normaux. Incroyable.

Bus

Bon du coup, pour trouver notre bus, on est un peu perdu. Car tout est écrit en birman et le parking est vraiment très très grand. Mais un taxi nous interpelle et nous demande ce que nous cherchons. Il nous propose alors de nous déposer au bon endroit gratuitement. Etant donné qu’il y a quelques jours nous étions en Inde, on est encore méfiant vis à vis du terme « gratuit » mais on accepte et monte. Et bien la voilà la différence qui change tout : le type nous dépose devant les bus de notre compagnie, prend nos tickets, va se renseigner puis nous accompagne jusqu’au notre. Il nous aide avec nos bagages, nous souhaite bon voyage, et s’en va ! Wahou, ça, c’est super ! De la gentillesse, point barre.

Dans le bus, on a des sièges top confort, la clim, une couverture chacun, de l’eau, une petite serviette rafraichissante… On est bien content d’avoir choisi le bus « normal » et non pas la classe VIP deux fois plus cher car on est déjà sacrément bien installés. En même temps, tant mieux car nous roulons pendant 12 heures. Lire la suite

Immersion en pays inconnu : nos premiers pas au Myanmar

Lundi 30 mai, nous nous rendons à l’aéroport du Calcutta afin de quitter l’Inde pour découvrir un pays dont on ne parle que très peu : le Myanmar.

Pour finir l’Inde comme nous l’avons commencée, alors que l’hôtel nous avait assuré d’appeler un taxi comme nous partons tôt le matin, c’est finalement avec étonnement que le type de la veille nous dit que non il n’en a pas appelé. Une chance, dans la rue déserte, un taxi pointe le bout de son nez et est ravi de trouver une course aussi rapidement. Ouf !

Pour tout vous avouer, mais je suis sûre que vous vous en doutez, on était bien contents de partir pour de bon. Même si les quelques jours à Darjeeling et Calcutta ont été bien plus agréables que tout le reste de notre séjour en Inde, on est heureux de changer d’air.

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Mais on appréhende un peu car de ce que l’on a lu, même si le Myanmar semble s’être énormément développé depuis, il y a encore moins d’un an, il n’était pas si simple d’y voyager. En effet, le visa était assez compliqué à obtenir, les téléphones étrangers n’avaient pas de réseau, il n’y avait pas d’internet, très peu de distributeurs automatiques de billets dans le pays et aucun n’acceptait les cartes étrangères et il fallait payer non pas avec la monnaie locale mais avec des dollars US en parfait état (les billets pliés, déchirés, ou avec la moindre petite tâche sont refusés). Et nous n’avons pas encore ces fameux billets alors on espère que nos cartes fonctionneront sur place.

Nous faisons une escale à Dacca, capitale du Bengladesh (moi aussi je venais de l’apprendre). L’aéroport n’a pas franchement les même standards que les nôtres. Les abords de la piste sont une véritable déchèterie. En plus, on monte dans un avion qui fait presque peur… il a des hélices. Oui ! Un Bombardier Q400 parait que ça s’appelle… Même le nom fout les pétoches. Alors bon, j’suis pas du genre à flipper pour rien, je sais très bien que l’avion est un moyen de transport hyper sûr, mais quand t’as l’hélice qui tourne à ta fenêtre, tu la surveilles un peu tout de même.

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Après 6 heures de vol, nous arrivons donc dans la capitale déchue de Rangoon (Yangon en Birman). Lire la suite