L’outback : Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps…

Après quelques jours à vadrouiller dans les environs de Cairns, nous partons pour de nouvelles aventures et de nouveaux paysages. Nous prenons la direction de Burketown puis nous rejoindrons Rockhampton par les terres. Nous nous lançons donc dans une longue traversée du Queensland, avec plus de 2500 kilomètres à parcourir pour ce petit bout de chemin dans l’outback. 2500 kilomètres, ça représente environ 40 heures de route, quand vous lancer votre GPS.

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A: Cairns, B : Burketown, C : Rockhampton

Pourquoi se lancer dans ce périple ? Honnêtement, pour rien de bien particulier. Mais quand on parle de l’Australie, on s’imagine tous cet immense désert, cette poussière rouge et ces kangourous sautant partout. Alors on s’est dit qu’on devait aller faire un petit tour dans les terres avant de longer la côte pour la suite de notre parcours. On avait envie d’avoir des images de cartes postales. Et puis ça fait partie du rêve de road-trip. Alors ni une ni deux, on s’est lancé. Bon en fait, avant tout, on a fait le plein. De tout. On a rempli Gary d’essence, on a rempli le frigo de nourriture et les bidons d’eau. Et c’est parti pour la grande aventure.

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Mais dès le premier jour de route, on a réalisé à quel point le chemin serait long. On roule toute la journée, sur des lignes droites interminables, la plupart du temps au milieu de rien. Mais alors vraiment, rien du tout. Les paysages sont secs et plats à perte de vue. Il fait une chaleur de plomb, et les mouches nous tiennent compagnies lors des pauses déjeuner. On n’y avait pas pensé mais on ne capte plus de radio bien évidemment, alors souvent, c’est le silence. Le silence total… Dans le vide total.

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C’est une expérience vraiment unique en son genre. On se retrouve très vite seul. Même à deux. On se retrouve seul avec soi-même. Parce que quand on roule 7 ou 8 heures par jour toujours tout droit, on a beau avoir beaucoup en commun, il y a des moments où on n’a plus grand chose à se dire. Alors on pense. On se perd dans nos réflexions. On passe vraiment beaucoup de temps à réfléchir, à remettre certaines choses en question, à se remettre en question. Je pense que c’est assez comparable à la méditation. Sauf qu’il fait une chaleur d’enfer.

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Et puis pour la première fois de nos vies, on réalise qu’on est si petit, si insignifiant. Et il faut penser à sa survie. Il faut penser à avoir suffisamment d’eau, de nourriture au cas où quelque chose arriverait. Car sur des centaines de kilomètres, il n’y a rien ni personne. Sur la route, on ne croise que quelques camions ou 4×4 dans toute une journée. Ici, pas de borne téléphonique d’urgence. Et pas de réseau. Les gros pick-up que l’on croise sont équipés de grosse radio pour prévenir les secours, eux. Ça aussi, c’est une première. Réaliser qu’on est vraiment tout seuls. Ah ça change de l’Asie !

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Nos journées sont rythmées par les pleins d’essences dans les roadhouses, les stops dans les quelques villes perdues au milieu de ce gigantesque désert, et le croisement des roadtrains, des camions pouvant mesurer jusqu’à 53 mètres de long qui te font serrer les fesses à chaque fois que tu les croises. Et ici, les camions roulent vite, très vite. Ce sont les Rois de la route, alors mieux vaut s’écarter pour eux, car eux ne s’arrêteront pas. D’ailleurs, compte-tenu de la taille de ces mastodontes, il leur est impossible d’effectuer un arrêt d’urgence. Ils sont donc équipés d’énormes par-buffles. Mais genre, énormes.

Ah aussi, un jour, en faisant le plein, à côté de notre petit total de 40$ sur l’écran, la pompe voisine affichait plus de 500$. Une chose est sûre, c’était ni un van, ni un 4×4…

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Parfois, on fait le plein quatre fois dans la journée. Car il peut arriver qu’il n’y ait aucune station service sur 200km. Et Gary a une autonomie de 400 kilomètres alors pas le droit à l’erreur. Et puis, des kilomètres, on en fait un sacré paquet. Même si l’on roule à 80km/heure pour diminuer notre consommation. Economie, économie. D’ailleurs, on se refuse même la clim alors qu’il fait plus de 40° dans la journée.

Quand j’y repense, des milliers de kilomètres à 80 à l’heure sous 40° dans le silence au milieu de nulle part. Ah oui, ça fait rêver…

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Mais parfois, on trouve un peu de compagnie sur la route…

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Et puis les kangourous tant attendus ont commencé à pointer le bout de leur nez. Un peu trop d’ailleurs… Même vraiment trop. Depuis notre arrivée on avait super hâte de les voir. On voyait sans cesse les panneaux les signalant sur les routes de la côte mais rien à l’horizon. Mais quand on a commencé à s’enfoncer dans les terres, voilà qu’ils gambadaient tranquillement. Puis après plusieurs centaines de kilomètres, voilà qu’ils surgissent sur la route. On commençait à voir des cadavres sur le bord, ou même en plein milieu de la voie. Et parfois, des sacrément balaises. On a pu en apercevoir qui devaient faire dans les 1m90.

Sur une route, nous avons croisé un vieux monsieur en panne avec son 4×4, alors on s’est arrêté mais il attendait déjà de l’aide. Avec son accent de l’australie profonde, il nous a dit de faire bien attention sur les kilomètres qui venaient car les kangourous se cachaient dans des petits buissons, « les bush », le long de la route et surgissaient en une seconde. Il venait d’ailleurs d’en renverser un. Et bien une fois reparti, en effet, ils était bien là. Tous. L’enfer. Toute les 5 ou 10 min une de ces bestioles décidait de traverser devant nous, comme ça. Apparaissant de nulle part. Et quand tout est couleur sable autour de vous, je vous assure que ce n’est pas évident de les repairer. Alors sur une centaine de kilomètres, on roulait à 30-40 kilomètres, de peur d’en écraser un, et aussi de perde notre caution de 3000$ pour le van.

On voulait voir des kangourous, et bien on n’a pas été déçu…

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Dans le désert, on rencontre tout de même des paysages impressionnants et plein d’animaux. On assiste à des couchers et des levers de soleil à couper le souffle.

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Des termitières par milliers. Certaines atteignent presque 2 mètres de haut.

On contemple aussi nos premières nuits étoilées dans la pureté du désert. Ces moments sont magiques.

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Pour l’anecdote, si l’on a décidé de pousser notre itinéraire jusqu’à la ville de Burketow c’est parce qu’au printemps, il s’y produit un phénomène météorologique unique au monde que les australiens ont appelé « Morning glory cloud ». Il s’agit en fait de nuage en forme de rouleau horizontal pouvant s’étendre jusqu’à 1000 kilomètre de long. Il peut même y avoir plusieurs rouleaux, un peu comme des vagues dans l’océan. Le problème, c’est qu’ils sont absolument impossible à prévoir. Mais nous on s’est dit : « allons-y ». On voulait tenter notre chance.On n’avait aucune idée de ce à quoi ça ressemblait en réalité. On avait juste lu ça sur un guide et on s’était dit « chouette ».

Bon je casse le suspens tout de suite, on ne les a pas vu. Enfin pas en vrai…

Après cette route infernale où surgissaient des centaines de kangourous, nous avons atteint des routes encore plus infernales. C’est à dire que normalement seuls les 4×4 y passent puisqu’il s’agit de « dirt road », non bitumées. Celle-ci ne sont alors que nids de poule et effet « tôle ondulée » (des corrugations). Je vous raconte pas les secousses. Même à 30km/heure, on avait la tête qui cognait au plafonnier. Et la vaisselle tapait dans tous les coins à l’arrière du van. Encore une nouvelle épreuve pour les nerfs…

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Après plusieurs heures horribles sur ces routes, nous atteignons enfin Burketow et nous trouvons des douches CHAUDES mises à dispositions pour les voyageurs. Trop bien ! On manœuvre pour se garer et là… le drame. Nous sommes enlisés. Après plus de 9 heures à rouler, à esquiver les kangourous et à se fracasser le crâne au plafond, nous voilà coincés dans la boue. Quelle journée de M**** !

On a bien du passer une heure à sortir de là. Je vous dis pas notre état ensuite. Heureusement les douches n’étaient pas loin. On en a bien profité.

Mais ce n’est pas tout. Là, on s’est rendu compte qu’on avait laissé entre-ouverte une vitre à l’arrière du van. Alors qu’on a roulé des centaines de kilomètres sur de la poussière rouge. Nonnnnn ! Il y en a partout. Sur le lit, dans les draps, dans nos sacs, sur nos vêtements, dans les tiroirs, et même dans le frigo. Outre la vitre, la poussière est tellement fine qu’elle s’infiltre partout dans l’habitacle, à travers les portes et le coffre. C’est donc au tour de Gary d’être nettoyé. Et ça, ça a encore du nous prendre une heure.

La journée est interminable. Il fait déjà nuit depuis bien longtemps à cause de ces contre-temps. On meurt de faim, mais on est trop fatigué pour se préparer quelque chose. Et il n’y a rien aux alentours. A part un bar qui semble servir à manger. Mais au moment d’y entrer, la jeune serveuse nous dit qu’il est trop tard pour dîner. Ahhhhh…. Il devait être 20h, mais en Australie, c’est tard. Il fait nuit depuis 17h30…

On tourne les talons, désespérés et épuisés. Mais la patronne nous rappelle. Elle peut nous faire une pizza. Alléluia. On en profite pour boire une bière, au fin fond du désert. Et on savoure la meilleure pizza du monde. On ne sait pas vraiment si c’était la pizza où la journée de galère qui nous a fait l’apprécier autant.

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C’est donc en papotant avec la patronne qu’on apprend qu’on a vraiment très peu de chances de voir les fameux nuages au petit matin. Tant pis ! Franchement, on n’est plus à un échec prêt. On lui demande alors à quoi ils ressemblent, tout de même. Et surement à la vue de nos visages dépités, elle nous fait entrer dans une pièce voisine pour nous montrer une photo d’un ami à elle surfant en paramoteur sur le fameux nuage. Bon bah on se satisfera de cette image.

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Tout ça pour rien ! Ou peut-être, tout ça pour ça. C’est ça l’aventure, la vraie.

 

 

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On a nagé sur la Grande barrière de corail

Après quelques jours à Cairns à organiser notre séjour, nous voilà partis pour une journée très spéciale. Une journée à nager au dessus de la Grande Barrière de Corail, le plus grand récif corallien du monde. Au large de la région du Queensland, il s’étend sur environ 2600 kilomètres, de la pointe du Cap York (tout au nord de la côte est), jusqu’à Fraser Island, la plus grande île de sable au monde.

Ce paradis, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est aujourd’hui menacé par la pollution et une activité maritime de plus en plus soutenue. La Grande barrière de corail et ses 345.000 km² connaissent des épisodes de blanchissement à cause du réchauffement de l’eau, détruisant des algues nécessaires à la santé des coraux. Le dernier grand épisode remonte à juin, où c’est surtout la partie nord qui a été touchée, entraînant des phénomènes de mortalité massive dans cette zone. Une grande partie du récif a perdu ses couleurs et bon nombre des coraux sont morts. D’ici quelques dizaines d’années, toute la barrière pourrait disparaître. Nos enfants n’auront peut-être jamais la chance de voir cette merveille, si l’on ne change rien. En effet, une hausse d’un demi-degré de la température dans les prochaines décennies entraînerait ainsi une dégradation accélérée de la Grande barrière de corail. Une telle hausse de température est quasiment inévitable au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, et seul une politique de réduction très forte des émissions permettrait d’atténuer le choc pour les coraux. Mais le gouvernement australien veut prolonger l’exploitation du charbon, et n’a pas choisi la voie d’une politique énergétique de faibles émissions.

Alors voilà, maintenant que tout ça est dit, je peux vous parler de notre expérience unique. Nous sommes partis au petit matin, avec une météo absolument parfaite pour le snorkeling (masque/tuba) : grand ciel bleu, soleil rayonnant, 30°, pas de vent. Toutes les conditions étaient réunies pour admirer au mieux les coraux et les poissons multicolores qui forment une vie sous-marine exceptionnelle. A bord du bateau, nous sommes une quarantaine de jeunes venus de toute la planète pour découvrir ce lieu unique au monde. Nous passerons plus de quatre heures dans l’eau à nager sur deux récifs différents : Hastings Reef et Breaking Patches.

Avec masque, tuba et palmes, nous partons à la rencontre des merveilles si fragiles de la mer de Corail. (Les photos ne sont pas de très belle qualité, elles ont été faites avec un iphone et une gopro)

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Australie : Les débuts de notre road trip

Après 7 mois de vadrouille en Asie, après 7000 kilomètres à travers la Chine, l’Inde, le Népal, le Myanmar, la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam et l’Indonésie, nous avons finalement quitté l’Orient pour un nouveau continent bien loin du nôtre : l’Océanie. Le 26 septembre nous avons donc rejoint l’Australie après une nuit dans l’avion au départ de Bali. Et dès l’arrivée à l’aéroport, on sait qu’on a quitté l’Asie. Mais surtout on est frappé par la « no worries » attitude des australiens (qui signifie « pas de problème ») qui s’avérera être un véritable choc des cultures, surtout pour nous, français.

Ici, tout le monde est zen, très zen. On passe pas mal de sécurités pour entrer sur le territoire australien mais de manière très relax. On passe notamment un test de détection de drogue dans un rang où un mignon petit toutou nous renifle nous et nos bagages et où une femme nous indique d’avancer « Come on guys ! » (Venez les gars !). Au bureau de l’immigration, l’homme me lance un « G’day, how are you going ? » (littéralement, ça ne veut rien dire… Mais en Australie, c’est un « Salut, ça va ? »). Tout ça pour dire, qu’on est plutôt bien accueilli. Par contre, on réalise aussi que l’accent australien est vraiment terrible, et parfois, on ne comprend vraiment rien car ils ont des abréviations pour tous les mots. Pour nous il sont un peu ce que le quebecois est au français. Autant vous dire qu’on s’en sortait bien mieux avec les asiatiques qui parlent anglais.

Enfin bref, nous arrivons à Cairns, au nord de la côte est, une petite ville mignonne et tranquille qui va nous permettre de comprendre le fonctionnement de ce pays immense et de planifier, un peu, notre voyage. Nous passons donc quelques nuits en auberge de jeunesse. Et une première grosse différence par rapport à d’autre auberges croisées en Asie : ici il y a énormément de jeunes (plus jeunes que nous) et ils adorent faire la fête. Du coup, c’est plutôt compliqué de passer une bonne nuit. Mais peu importe, on essaye tout de même de se mettre à la vie australienne : pour nous ça veut dire, baignade, apéro et barbecues.

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Et là on commence à comprendre comment les australiens font pour être si relax : à Cairns, comme la plage est plutôt moche, ils ont construit une plage-piscine d’eau salée (mais très légèrement salé) avec du sable ultra doux, des jets et une partie profonde pour faire des longueurs. Tout cela surveillé par des maitres nageurs dans tous les coins, et entouré d’herbe, de cocotiers, de tables de pic nique et de barbecues électriques. Et en plus, tous les jours il y a plein d’activités  gratuites proposées pour les petits et les grands, comme de l’aqua-gym par exemple. Ici tout est beau, tout est neuf, et propre. Enfin, avec nos yeux bien affutés, on remarque surtout qu’il y a énormément d’employés municipaux qui sont là pour tout entretenir.

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Nous planifiions d’acheter un van et de descendre la côte Est en 2 voire 3 mois. Mais à notre arrivée, on a été bien secoué par les prix qu’on avait oublié si élevés dans un pays si « moderne ». 4 nuits pour 2 lits dans un dortoir en auberge de jeunesse nous ont coûtées aussi cher que 15 jours dans un bungalow privé en bord de mer en Thaïlande (bon, un bungalow confort minimum mais quand même). Ouch !

Du coup, on a révisé notre plan au bord de la piscine. On a essayé de tracé un itinéraire et on s’est dit qu’un mois et demi devrait suffire. D’autant plus que nous voulions privilégier la Nouvelle Zélande pour s’y installer et y travailler quelques mois, et que là bas aussi, tout est très cher. Du coup, l’idée d’acheter un van n’était plus vraiment intéressante pour si peu de temps (trop de contraintes au moment de l’achat, pour l’entretien, puis la revente). Nos amis Jenifer et Grégory rencontrés au Népal et qui était passés par là un mois avant nous ont parlé de leur location de van. Et en effet, les prix était plutôt alléchants en cette période. C’est donc l’option pour laquelle nous avons opté.

Nous avons décidé de louer un véhicule 5 semaines (nous dormirons en auberge à Sydney) et cela nous revenait à seulement 500€ soit moins de 15 euros par jour. Sachant que le van est à la fois notre véhicule mais aussi notre « hôtel ». Bon, ce prix est valable que si vous n’êtes assurés qu’au minimum, sinon, c’est le double. Mais nous avions bien réfléchi et décidé de ne pas prendre d’assurance supplémentaire, qui de toute façon n’était pas valable pour les pépins les plus courant : bris de glace, crevaison, panne d’essence, dégâts causé par un animal, par la météo, dégâts sur le toit et sous le véhicule… bref, tout ce qui aurait été le plus probable durant un road trip. D’ailleurs, bim, après moins d’une semaine, un caillou dans le pare-brise en croisant un énorme camion dans l’outback. Finalement, ça nous a évité de stresser tout le long du voyage : avec un bris de glace dès le début, on ne se pose plus trop de questions pour la suite. On savait qu’on allait payer de toute manière. Et bien vous savez quoi ? Quand on a rendu le van, la personne qui a vérifié l’état du véhicule n’a même pas remarqué l’éclat. Honnêtement, on ne sait pas comment elle a fait pour ne pas le voir, mais je vous avoue que là, on n’a rien dit. On a donc récupéré toute notre caution.

Donc après quelques jours a découvrir Cairns, qui est une petite ville tranquille, et le point de départ des excursions sur la Grande barrière de Corail (nous y reviendrons plus tard), nous nous installions dans notre nouvelle maison à 4 roues, prénommée Gary.

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Pyin Oo Lwin… Boulot, apéro, dodo !

Après notre aventure épuisante à Hsipaw, c’est dans une dernière petite ville birmane que nous faisons escale. Nous prenons le bus tôt le matin pour un nouveau long trajet. Sur place il nous faudra trouver un hébergement car sans internet la veille je n’ai rien pu réserver. J’avais pourtant repéré un Hôtel qui avait l’air sympa mais je n’ai rien noté. Peu importe, comme toujours on trouvera facilement. A l’arrivée, un gars m’interpelle. Il veut savoir où l’on va pour partager un tuc-tuc. Aucune idée, du coup, il nous propose de le suivre car étant déjà passé par Pyin Oo Lwin lors de son voyage, il connait un hôtel sympa pas trop cher. Super, on le suit.

Ce gars là, c’est Tom (encore un !), un néo-zélandais avec un physique de néo-zélandais qui voyage depuis presque 2 ans. Un jour il a quitté son job, vendu sa maison, et est parti découvrir le monde, pour découvrir ce qui manquait à sa vie. Ce gars-là, maintenant c’est notre ami et on va le retrouver en Nouvelle-Zélande dans quelques semaines.

Mais à ce moment là, on ne se connait pas encore, alors on discute sur la route. Puis on arrive, sous une pluie torrentielle, alors on descend vite vite vite pour nous mettre à l’abris. « Hey mais… cet hôtel me dit quelques chose ». Oui c’est celui que j’avais repéré sur internet.

Le hasard fait plutôt bien les choses…

Dans cet article, je n’ai pas d’aventure extraordinaire à vous raconter, mais je suis obligée de vous parler de rencontre extraordinaires. Car en suivant ce Tom, en arrivant dans cet hôtel, nous avons vécus de chouettes moments qui nous ont fait chaud au coeur.

Nous cherchions un endroit pas trop cher où nous installer quelques temps car nous étions fatigués et avions « fini » notre périple à travers le Myanmar. Mais nous devions attendre avant de rejoindre la Thaïlande car mon frère et ma belle soeur nous y rejoignait deux semaines plus tard. Tom (de NZ), lors de son premier passage à l’hôtel, s’était proposé pour revenir et faire du volontariat : c’est à dire travailler une partie de la journée en échange du gîte et du couvert. Du coup, on s’est joint à lui. Tous les 3, nous avons retapé d’anciennes chambres pour en faire des dortoirs (moins chers pour des backpackers comme nous).

Celles qui géraient les opérations, c’est Elle (oui c’est son surnom) et Nini, une australienne et une allemande installées ici depuis 5 mois. En arrivant sur place, elles ont vu le potentiel de l’hôtel et se sont proposés pour ouvrir et gérer une partie bar-restaurant dans le hall immense. Elles ont amené un super ambiance dans ces vieilles batisses coloniales (que l’on trouve un peu partout à Pyin Oo Lwin) et de plus en plus en jeunes backpackers s’y arrêtaient.

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Le soir, on retrouve toutes les nationalités autour d’une même table et c’est vraiment agréable. En plus, on peut boire de la bière pour la bonne cause : les propriétaires de l’hôtel étant musulmans, ils ont accepté la vente d’alcool au bar à la seule condition qu’il n’y ait aucun bénéfice dessus. Du coup, tout est reversé à l’orphelinat de la ville. Alors forcément, ça donne envie de boire l’apéro tous les soirs.

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Et c’est bien ce que nous avons fait, durant les quinze jours durant lesquels nous sommes restés, bien installés, à l’Orchid Nan Myaning Hotel. Là bas, nous avons retrouvés un petit quotidien et nous avons fait de belles rencontres.

Nous sommes même allés au cinéma. Les films sont en version originale, du coup ils sortent en même temps qu’aux USA, soit avant que vous les voyiez eh eh.

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Rideau de fin… au cinéma

Tous les matins, nous allions peindre, les gars se chargeaient des murs et plafonds, et moi des lits superposés fait maison.

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Notre du labeur accompli, nous sortions nous balader en scooter à travers la ville…

Nous nous baignions dans l’eau des cascades alentours…

Nous mangions (beaucoup)…

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Des nouilles Shan, une des spécialités.

Nous buvions (parfois beaucoup aussi), jouions aux cartes (en buvant)…

Nous écoutions Tom (de NZ) jouer du ukulélé et chanter (il est plus que doué)…

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Et faisions des barbecues (toujours en buvant)…

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On rendait aussi visite aux enfants de l’orphelinat pour jouer avec eux, et ça c’était vraiment super malgré la douleur de les laisser là bas.

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Je n’ai donc rien d’exceptionnel à vous raconter, pas de photos sublimes à vous montrer. Mais je ne pouvais pas sauter ces moments et rencontres si importantes pour nous. Nous étions vraiment triste de quitter cet endroit auquel nous nous étions attachés. Tom est parti quelques jours avant nous pour rejoindre des amis en Europe. Et Elle et Nini, elles aussi allaient quitter les lieux quelques jours après notre départ pour de nouvelles aventures. Elles nous ont donc proposés de rester et de reprendre la gestion du bar. Malheureusement, bien qu’on aurait adoré cette aventure, pour la première fois, nous avions un impératif et devions rejoindre la Thaïlande.

Une chose est sûre, nous repasserons un jour par cet endroit, et nous recroiserons ces personnes qui nous ont marquées. La vie est faite de hasard, quelle chance !

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Un « petit » treck dans la campagne birmane : Hsipaw

Après avoir été éblouis par les trésors du Myanmar que sont Bagan et le Lac Inle, nous sommes allés prendre l’air de la campagne (enfin, la campagne encore plus profonde) à Hsipaw (prononcé Chipo). C’est une destination très appréciée des marcheurs puisqu’elle est le départ de trecks plus ou moins longs (1 à 3 jours).

Comme à notre habitude, même si la plupart des gens que l’on croise ont opté pour un guide touristique, nous avons préféré nous débrouiller tout seul. Nous avons choisi un treck assez court, sur une seule journée, car nous n’avons plus la condition physique du début du voyage… Dans notre bouquin, nous avions lu quelques conseils sur un itinéraire assez facile d’environ 4-5 heures qui traverse des villages traditionnels. Le guide propose de demander aux villageois, une fois arrivée, de nous ramener à moto à Hsipaw. Parfait.

Nous sommes donc partis à l’aventure, sac sur le dos, après le petit déjeuner. Très vite, on se retrouve au milieu de nulle part.

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On observe les habitants s’occuper de leurs champs…

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Le lac Inle, autre poésie birmane

Après quelques jours à vadrouiller au milieu des temples mystérieux de Bagan, nous revoilà sur les routes birmanes en direction d’une autre destination très prisée : le Lac Inle. Autant dire qu’il va en falloir pour nous épater après le sublime Royaume de Pagan.

Nous rejoignons la petite ville de Nyaung Shwe, à quelques kilomètres au nord du fameux lac, par un mini-bus de nuit. Le trajet dure 9 heures. L’inconvénient avec un mini-bus, c’est que même si on est peu nombreux, on est surtout très proche les uns des autres. Du coup quand le voisin vomit ou que la voisine ronfle, on est vite embêté. Impossible de dormir pour moi, la route est vraiment longue. Je fini par m’endormir vers 4 heures du matin… Mais nous voilà arrivés à l’entrée du site. Et ce coup-ci, ils sont bien là les gardes qui nous demandent de payer nos droits d’entrée gouvernementaux. Les yeux endormis, nous sortons 50$ pour régler nos deux tickets. Je n’ai qu’une hâte rejoindre l’hôtel en espérant avoir une chambre et un lit douillet. Oui mais non… Car sur le siège devant nous, une allemande d’une quarantaine d’années n’a pas envie de payer. Non non, elle refuse. Son problème c’est qu’elle a déjà payé 20$ à Bagan, alors là ça fait beaucoup ! Mais le garde s’en fiche lui, il attend. Et le mini-bus ne repart pas tant qu’elle n’a pas son ticket. Alors je tente calmement de lui expliquer qu’il n’y a pas le choix, c’est comme pour un musée, mais là c’est pour un site. Mais ça ne lui va pas, elle n’a pas envie et commence à râler sur le garde… Alors vous l’avez lu dans l’article précédent, nous avons esquivé ces fameux droits à Bagan, mais parce qu’on n’est pas tombé sur les gardes, et tant mieux, surtout quand on sait qu’une bonne partie de l’argent va à la junte militaire… Mais là, même si ça nous embête, on paye. Et on n’est pas surpris, car quand on vient visiter un pays, il y’a ce type de dépenses. Et si on se renseigne on sait précisément ce que ça va nous couter, alors après on ne râle pas parce que c’est cher, ou alors, on ne vient pas.

Bref, nos nerfs sont titillés par cette allemande qui nous fait une scène à 4 heures du mat, mais après un quart d’heure, elle lâche ses précieux billets. Le bus nous dépose au centre de la petite ville. Quelques taxis attendent là et nous proposent leur service mais nous préférons marcher, nous sommes à moins de 2 kilomètres de l’hôtel. Mais nous n’avions pas eu le temps de dire ouf que notre râleuse se met à incendier les chauffeurs de taxis. Car oui elle veut qu’on la dépose à son hôtel, vu son énorme valise, mais c’est encore trop cher pour elle. On l’entend dire aux birmans « Je ne veux pas vous parler, prenez juste mes valises. Mais taisez vous ! »… Oulalala, ça ça ne nous convient pas. Rappelez vous que nous sommes au Myanmar, soit le pays aux habitants les plus accueillants et gentils au monde, j’en suis persuadée. Du coup, on essaye de comprendre ce qu’il se passe… Mais mon envie de la gifler devenant trop forte, nous décidons de l’abandonner sur place, nous et les quelques autres voyageurs qui partent à pieds. Le comble de l’histoire… C’est que cette odieuse femme allait au même hôtel mais qu’elle ne voulait ni payer, ni porter son énorme valise (vraiment énorme je vous assure), du coup, elle a trouvé un tout gentil birman qui, de bonté de cœur, l’a suivie sur presque 2 kilomètres en portant sa valise. Ma question est donc la suivante : qu’est ce que cet affreux personnage fait, seul, dans ce pays ? Comment peut-on avoir l’envie de voyager, d’aller au delà des stations balnéaires, quand on se comporte ainsi et que l’on méprise autant les être humains ? Vous avez 4 heures…

Heureusement, le Myanmar allait, encore, nous faire oublier ces détails qui entachent notre monde.

Le Lac Inle est réputé pour la beauté de ses paysages, pour la vie qui s’organise tout autour et pour ses pêcheurs qui capturent le poisson avec une grâce toute particulière. Nous sommes restés 4 jours autour du lac tant l’endroit était paisible. Comme à notre habitude, nous avons beaucoup flâné sur les marchés.

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Bagan l’irréelle…

Dimanche 5 juin, nous quittons Mandalay au centre du Myanmar, pour rejoindre la ville de Bagan, plus à l’ouest, et anciennement appelé Royaume de Pagan (Oui avec un P). Pour une fois c’est un trajet en bus assez court (sous entendu moins de 7 heures… Notre perception du temps et des distances a bien changé) qui nous attend.

Nous partons donc en début d’après-midi et arrivons à la tombée de la nuit. Nous entrons dans la ville de Nyaung U, point de départ touristique de la région de Bagan. Je suis le trajet sur mon GPS et je remarque que le bus passe non loin de notre auberge. Je demande au chauffeur si l’on peut descendre et il s’arrête rien que pour nous. On est à seulement quelques pas. On récupère nos sacs dans le coffre arrière de bus et là Ô malheur. Habituellement on met des housses sur nos sacs pour les protéger de l’état souvent bien sale des soutes, mais là, pressés, on ne l’a pas fait. Et le sac de Tom est trempé. Il a tellement plu sur la route que son sac écrasé contre la porte du coffre a tout pris. Arrivés dans notre chambre on constate les dégâts… Tout, absolument tout est imbibé d’eau et de boue. Pas le temps de se plaindre, on descend dans une des salles de bain communes, minuscule, et on lave. Autant vous dire qu’on est pas fana du lavage de linge à la main mais après des mois sans machine, on a pris le pli et on s’attelle à la tâche tous les 2-3 jours pour ne pas avoir trop de linge d’un coup. Autant dire que là, c’est foutu. Même si notre garde robe est réduite, c’est déjà bien assez quand on doit laver sous la douche et faire sécher sur un bout de fil dans sa chambre.

La corvée accomplie, on sort découvrir la ville (enfin la rue) et manger un morceau. On ne se couchera pas tard, car le lendemain, une grande aventure nous attend.

Un peu d’histoire :

Bagan est le site archéologique les plus important du Myanmar et l’un des plus grands sites historiques en Asie du Sud-Est. Il compte autant de temples de briques rouges réunis sur une plaine peu étendue, que toute l’Europe possède de cathédrales médiévales. Il témoigne de la grandeur passée des rois de Bagan, qui régnèrent de 300 à 1300 après J.-C. sur le « premier Empire birman ».

Le peuplement dans la région de Bagan a probablement commencé à la moitié du IXème siècle. A cette époque, le bouddhisme ne jouait pas encore un rôle important dans le pays. Mais en 1044, le roi Anawratha fonde le Royaume de Pagan. Le roi, converti au bouddhisme Theravada (une branche ancienne du bouddhisme, plus proche du bouddhisme primitif que celui que l’on connaît aujourd’hui) décida de propager sa philosophie bouddhique et commença une campagne massive pour construire des milliers de temples, de pagodes et autres monuments. Il souhaitait créer un royaume à la hauteur de Bouddha.

En seulement 230 ans, lui et ses successeurs érigèrent près de 10 000 temples. Aujourd’hui, on en compterait 2834 qui subsistent dont de nombreux en ruines.

L’ascension de Bagan coïncide donc avec l’apparition du bouddhisme Theravada, resté depuis lors la confession principale du pays, qui prit la relève, à l’époque, du bouddhisme Mahayana aux influences hindouistes.

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Mandalay et ses environs

Après Rangoon, nous nous dirigeons vers le centre du Myanmar, à Mandalay, à plus de 600 kilomètres au nord. Heureusement, désormais il y a une très belle route qui rejoint les deux villes. Mais tout de même, il va falloir passer une nuit dans le bus pour faire le trajet. Après le Népal, on ne sait pas trop à quoi nous attendre niveau bus, car on est plutôt habitués au sièges tout pourris qui font mal aux fesses et au véhicules sans frein ni amortisseur. Mais bon, pas le choix, il va falloir tenter cette expérience. On achète nos tickets. A peine 7€ chacun.

Le soir, on prend la direction de la gare routière. Sur place… Oh punaise ! Il y a un milliards de bus sur un parking immense. Et les bus, en réalité, ce sont des navettes spatiales. Je vous assure, on n’a même pas ça en France. Ils sont immenses, et font la hauteur de deux bus normaux. Incroyable.

Bus

Bon du coup, pour trouver notre bus, on est un peu perdu. Car tout est écrit en birman et le parking est vraiment très très grand. Mais un taxi nous interpelle et nous demande ce que nous cherchons. Il nous propose alors de nous déposer au bon endroit gratuitement. Etant donné qu’il y a quelques jours nous étions en Inde, on est encore méfiant vis à vis du terme « gratuit » mais on accepte et monte. Et bien la voilà la différence qui change tout : le type nous dépose devant les bus de notre compagnie, prend nos tickets, va se renseigner puis nous accompagne jusqu’au notre. Il nous aide avec nos bagages, nous souhaite bon voyage, et s’en va ! Wahou, ça, c’est super ! De la gentillesse, point barre.

Dans le bus, on a des sièges top confort, la clim, une couverture chacun, de l’eau, une petite serviette rafraichissante… On est bien content d’avoir choisi le bus « normal » et non pas la classe VIP deux fois plus cher car on est déjà sacrément bien installés. En même temps, tant mieux car nous roulons pendant 12 heures. Lire la suite